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Les univers de Philippe Saimbert: BD, Romans, Humour, Fantastique, SF et... Rock!

Itinéraire d'une tata gâtée

6 Novembre 2015 , Rédigé par Philippe Saimbert

Bonjour à toutes et à tous, il est temps de dresser le bilan de ces deux dernières années passées au sein de l’édition indépendante. Et en particulier celui de mon roman L'héritage de tata Lucie.

Cette garce de tata Lucie reste encore et toujours mon best-seller à ce jour.

Suivie par Il faut marier Bertrand et Le fossile d’acier. L’or de Piarrine, mon projet destiné à la jeunesse, se place bien en retrait.

« Il faut marier Bertrand ! » est très rock’n’roll dans l’esprit. « Le fossile d’acier », crépusculaire et violent. Avec des accents métaphysiques. « L’or de Piarrine » s’adresse au marché jeunesse qui n’est pas encore à maturité concernant l’édition numérique.

Ce sont des genres que j’aime particulièrement et j’ai pris beaucoup de plaisir à les écrire.

Mais force est de constater que la Tata a la peau dure. A ce jour, elle me procure un honorable revenu mensuel. C’est la force des œuvres consensuelles. Et populaires.

Qui aurait pu prédire le succès de ce roman qui n’avait d’autre prétention que celle de divertir les lecteurs ?

Mais bon, les histoires d’héritage, les brouilles familiales et les chasse aux trésors sont des thèmes universels.

Je vais vous donner quelques chiffres de vente. Non pas pour me gargariser de ce succès (plusieurs indés vendent bien plus que moi, sans parler des stars de l’édition) mais parce que ces chiffres reflètent ma propre démarche éditoriale.

  1. Chez mon premier éditeur, L’Olibrius Céleste, le roman s’est vendu à 350 exemplaires. Chiffre honorable pour une petite maison d’édition sans aucun diffuseur ni distributeur.
  2. Chez mon second éditeur, City éditions, le roman s’est vendu à près de 4000 exemplaires. Distribution Hachette. Joli succès.
  3. Chez France Loisirs, le roman s’est vendu à près de 38.000 exemplaires. Gros carton mais la mise en avant et la visibilité du catalogue France Loisirs fait toute la différence. Peu de titres sélectionnés et un large panel de lecteurs abonnés.
  4. Et enfin, les chiffres que vous attendez tous, ceux réalisés au sein de l’édition indépendante. Toutes plateformes confondues (Amazon, Kobo, Fnac, Apple iBoosktore, Google Play), « L’héritage de tata Lucie » s’est vendue à près de 20.000 exemplaires en numérique et papier (via CreateSpace). Il est à noter que Amazon et Kobo assurent l’essentiel des revenus, se partageant les ventes. La Tata est restée dans le top 100 Kobo et Fnac pendant plus de 18 mois. 212 jours dans le top 100 Amazon.

Il semblerait d’ailleurs que les algorithmes de Kobo et de la Fnac donnent une « prime à l’ancienneté », à l’instar de ceux de Apple iBookstore. Les algorithmes d'Amazon privilégiant les projets inscrits dans KDP Select (les emprunts effectuées via Kindle Unlimited comptent d'ailleurs pour des ventes).

Amazon et Kobo ont beaucoup fait pour les auteurs indépendants. Tous deux proposent aux auteurs des campagnes de promotion (offres du jour, Kobo Next, offres Eclair, promotions du mois, prix littéraires, coups de cœur Fnac, etc.).

Le seul inconvénient en ce qui concerne Amazon est que ce dernier demande à l’auteur une exclusivité de parution (KDP Select). C’est de bonne guerre. Et puis l’exclusivité donnée à Amazon ne dure que trois mois. Rien n’empêche alors les auteurs de s’intéresser aux autres plateformes. Ils y ont d’ailleurs tout intérêt. Ne serait-ce que pour favoriser la diversité culturelle et éditoriale.

Personnellement, j’aime beaucoup le tableau de bord Kobo : il affiche très clairement les ventes par titre, par pays et la globalité des ventes d’un titre depuis sa parution (cette dernière option n’existe pas sur Amazon et faire le total des ventes mois par mois est assez contraignant). Par chance, cette fonction existe sur CreateSpace.

Y a t-il une vie en dehors de Kobo et d’Amazon ? Certains auteurs ont signé un contrat avec des maisons d’édition traditionnelles (Alice Quinn, Agnès Martin-Lugand, Amélie Antoine), d’autres se sont vus proposer des contrats par Amazon avec la traduction et la parution de leurs œuvres sur le marché international (Jacques Vandroux, Alice Quinn, Jean-Philippe Touzeau, Amélie Antoine). D’autres, tels Alan Spade vendent principalement en salons et librairies. D’autres encore ne jurent que par l’édition indépendante. (Si j'ai oublié des auteurs dans la liste ci-dessus, veuillez me le signaler).

Mais attention, l’édition indépendante ne s’adresse pas à tout le monde. Loin de là. Car l’auteur indé endosse la casquette de l’éditeur, du maquettiste, du relecteur, du correcteur, du diffuseur, du créateur d’eBook et j’en passe. Autant de postes incontournables assumés par les éditeurs tradis. Sans oublier le maquis des cotisations sociales et des déclarations de revenus.

De plus en plus d’auteurs font d’ailleurs appel à des pros pour réaliser ces tâches. De nouveaux métiers sont ainsi appelés à se développer.

Force est de reconnaître que nombre d’indés se débrouillent très bien et rencontrent leur public. Là, par contre, je ne vais pas tous les citer car je ne veux pas froisser mes cher(e)s collègues en omettant un nom. Une chose est sûre… une nouvelle génération d’auteur(e)s vient de naître. Une génération pleine d'audace et de talent.

Personnellement, après plus de 15 ans passés au sein de l’édition traditionnelle, je suis ravi de mon statut d’indé. Ne serait-ce que financièrement. Oui, je sais, c’est de l’Art et il n’est pas de bon ton de parler « argent ».

Le problème est que tout le monde gagne de l’argent dans l’édition… sauf les auteurs. Du moins en gagnait car la crise est passée par là. Nombre d’éditeurs et de libraires sont en grandes difficultés. Comme je le dis souvent : « Quand les éditeurs maigrissent, les auteurs crèvent de faim ».

L’écriture est un plaisir, une passion, un don de soi, un don aux autres mais aussi un travail. Un gros travail. Pour parler d’un domaine que je connais bien : un an de labeur à temps complet pour les stakhanovistes de la Bande Dessinée que sont les dessinateurs.

Que ce labeur soit rémunéré à sa juste valeur me semble normal.

Je sais bien que nombre de « belles âmes » ne seront pas d’accord avec moi mais le syndiqué que je suis depuis plusieurs années préfère les « bons comptes ».

A ce sujet et je n’aurai de cesse de le répéter : ami(e)s auteur(e)s… syndiquez-vous ! Au Snac ou au Self.

Mes projets d’avenir ?

  • L’aventure américaine de « Auntie Lucie » est au point mort car je n’ai pas suffisamment de commentaires. Sans review, je ne peux lancer aucune promotion. Je vais donc relancer l’envoi des SP (Services de Presse) pour obtenir des reviews (bonnes ou mauvaises).
  • Ayant récupéré les droits de ma série BD de Science-Fiction « Les âmes d’Hélios », je compte l’exploiter avec mon ami et dessinateur Roberto Ricci au sein de l’édition indépendante. Et en numérique. Une nouvelle aventure passionnante s’ouvre à nous. Une aventure que nous comptons mener également sur le marché anglo-saxon.
  • Je travaille sur un nouveau roman. Le titre n’est pas encore définitif. Il se déroulera en Béarn et contera une histoire d’amour que j’espère émouvante. La fin est déjà écrite… ne reste plus qu’à tisser les liens qui y mènent.
  • Je compte aussi développer les ventes de mes romans directement via mon site en proposant des versions papiers et des eBooks dédicacées via le logiciel Dedee.
  • Enfin, dans le futur, il n’est pas impossible que je donne une suite à « L’héritage de tata Lucie ». Bien entendu, il n’est pas question de déterrer la Tata ! J’ai le concept dans la tête… reste à le développer.

Bien à vous

Philippe Saimbert

 

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